Le Condroz en Porsche GT3 GEKO
Un rallye mythique avec une auto de rêve !
Tel était le défi que nous nous étions lancés avec Wim Soenens et Caen Rallysport.
Le Condroz est à ne pas en doûter l’épreuve la plus désirée auprès des pilotes et même les spectateurs. La preuve, plus de 200 engagés (on se croirait dans les années 80) et une foule très enthousiaste aux passages des WRC, S2000, GT, propulsions et tous les équilibristes dans des petites tractions efficaces et spectaculaires. Autre particularité Condroz, il se déroule en pleine saison d’arrachage de betteraves d’où les routes boueuses à souhait et un spectacle omniprésent, et surtout pas trop adapté aux propulsions au niveau des chronos… Particularité de la Porsche : une auto exceptionnelle et équilibrée en circuit avec son mode tout à l’arrière, mais en rallye, avec son moteur qui pousse vers l’extérieur dès que c’est gras comme si vous transportiez un sac de 50kg sur le dos, et un gros manque de poids à l’avant qui donne énormément de difficulté à inscrire l’auto dès que c’est gras ! Nous alors prévenu de ces critères nous savions que la partie n’allait pas être facile, mais ô combien excitante à relever ce défi.
Heureusement, ils ont eu l’intelligence de me proposer un essai une semaine auparavant. Ca nous a permis de rapidement comprendre que la Porsche n’était pas facile à dompter, qu’elle garde son caractère spécifique en toute circonstances et surtout quand la route se dégrade. Pas mal de réglages suspensions et types de pneus furent essayés. Je me suis rendu compte que le réglage parfait n’existait pas et qu’il faut faire un compromis et accepter ces défauts, car l’auto est lourde (1.380kg), mais surtout trop répartie à l’arrière (65%), d’où la difficulté de trouver un bon amortissement. Par contre, quel régal ce moteur qui pousse tout le temps et ses grands travers facile à entretenir, car la puissance est omniprésente (381ch). Et surtout quel bruit ! Sublime ! C’est tout le plaisir de cette aventure. Beaucoup de puissance vous amenant rapidement à des vitesses élevées, mais c’est après qu’il faut toute sa tête dans les courbes rapides et les freinages.
Arrivés au Condroz, nous nous rendons rapidement compte de l’enthousiasme et le charme que suscite la Porsche auprès de pilotes et surtout les spectateurs.
La première spéciale show ne fût pas des plus facile avec une arrivé de la pluie 5 minutes avant notre départ en slicks. Résultat : 109ème chrono. Il y a de quoi rougir et surtout il y a mieux pour se mettre en confiance !
Le samedi matin nous décidons de bien nous appliquer, et malgré une petite chaleur sur le sommet de Ben Ahin qui a donné pas mal de fil à retordre à tous, nous effectuons un 21e chrono à 1 seconde de Van Woensel et à 2 secondes de Lejeune, très satisfait depuis qu’il utilise des Pirelli (trop de crevaisons dans ces rallyes en GT3 auparavant). Le ton est donné et surtout le soulagement de voir que nous ne sommes pas ridicules, même si la première boucle ne soit pas facile avec le 1er passage bien boueux dans la 1re longue spéciale de Engis-Nandrin-Scry. Le Condroz nous a présenté cette année beaucoup de longues spéciales de 20 à 30km, et c’est surtout dans ces spéciales que nous allons joué très réguliers avec des chronos dans le top 15 et surtout les spéciales de nuit nous donnerons toute satisfaction avec des 10èmes temps. Nous terminerons la 2ème journée à une 20ème place après une belle remontée, et 2e des GT.
Le dimanche, nous partons méfiant suite à la sortie violente dans le bois de Villers de Freddy Loix. Ca paie, car nous regagnons 2 places. Malheureusement nous allons connaître, après Tim Vanparijs et Marc Duez, le point faible de l’auto : la crevaison. En sortant de la première terre de Marneffe, le pneu avant gauche est crevé. Il reste 8km. Nous tentons de continuer pour voir s’il va rester sur la jante. Au bout de 3 km le pneu se déchicte et commence à tout arracher. Nous décidons d’arrêter quand même et de changer la roue avec nos mains gauches…Bilan : 5 minutes de perdues, mais pas le moral. Ca ne fera pas bouder le plaisir, et nous repartons le couteau entre les dents pour la dernière grande boucle terminer le rallye avec un 8ème temps scratch dans la dernière spéciale de Lavoir.
Nous terminons 23e, mais sans la crevaison, l’objectif de rentrer dans le top-15 aurait été atteint. C’est surtout le bonheur d’avoir passé un weekend extraordinaire avec une des voitures les plus difficiles jamais conduite donne une sentiment de jouissance extrême. A souligner aussi l’ambiance très sympathique et conviviale des pilotes de GT, même au niveau des conseils de sécurité, performances et autres astuces entre ces pilotes très courageux à amener plaisir, bruit et spectacle sur nos rallyes belges.
Si l’expérience vous tente, n’hésitez pas une seconde et lancez vous, mais méfiez vous du fameux caractère de cette grosse allemande. Vous voilà prévenus…
C’est sur, les Porsches jouaient les premiers rôles dans les années 70 et début 80 à l’époques des 2.7 RS et autres SC RS GrB. La GT3 est devenue certes plus sage et performante, mais il n’y avait pas les Super 2000 et WRC à l’époque qui y trouvent toutes leurs efficacité, surtout au Condroz. Quand on voit que les GT avaient du mal à contenir Thiry et Ogier dans les spéciales grasses. La Porsche joue des podiums en été, et bien sur nous ne sommes pas tous des Snijers qui était en tête du Wallonie cette année avant sa casse de cardan. Chapeau ! N’empêche, ca reste, même si elle n’est pas facile à comprendre, une auto exceptionnelle à piloter et qui une joie immense à son volant.
Tous nos remerciements à Wim Soenens du magasin de meubles GEKO, et propriétaire de la 911, et toute l’équipe très motivée de CAEN Rallysport qui nous ont offert un weekend sans failles et un weekend très décontractant !
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